20 mai 2007

Cauchemarrant

   Avant de partir pour Nantes, je me suis rendu chez mon libraire d'occasions pour y échanger les dernières BD expulsées de ma collection. Alors que je cherche dans les bacs et les étagères contre quoi les échanger, je etombe en arrêt devant un album mythique.
Celui qui pour moi est le Saint Graal. Celui que je n'ai lu que DEUX fois dans ma vie.
Et, comble de bonheur, cet album est la troisième édition, La plus complète.

PS: pour ceux qui connaissent l'album, on y retrouve l'affiche dessinée pour Amnesty International et une partie de la sérigraphie représentant un petit village allant se faire écraser par un horrible machîne. Sérigraphie que je possède, de même que l'affiche.

PPS: la boucle est bouclée, les trois albums qui ont marqué mes débuts de lecteur de BD sont dans la bibliothêque:
     - Scènes de la vie de Banlieue (Caza)
     - Rencontres du troisième sale type (Cabanes)
     - Cauchemarrant (Franquin).

3 mai 2007

SUPREME

   Depuis que je suis en âge de lire des BD, je suis fasciné par les comics. Avec une préférence marquée pour Batman et DareDevil. C’était l’époque bénie des sagas en trois volumes comme La guerre du pouvoir ou le sublime Défi de Thanos (récemment réédité, mais les couleurs n’ont pas résisté aux ravages du temps).

   Supreme est semblable à un mille-feuille de comics, l’amnésie du héros permettant au scénariste Allan Moore de nous en faire parcourir les différentes époques. Cela va des années 30 avec la «naissance» de Supreme, jusqu’aux années 2000 ou nous retrouvons notre héros. A chaque époque correspond un style de dessin, scrupuleusement reproduit dans cet album de souvenirs ; le plus beau à mes yeux étant la production des années 50 et l’inimitable MAD (think!).

   Pour ceux qui hésitent encore, Allan Moore est le scénariste de V for Vendetta ainsi que Watchmen. Alors si vous avec la nostagie des comics de-quand-vous-étiez-petit, plongez vous sans hésiter dans cette vrai-fausse intégrale qui vous fera plonger dans les limbes de l’Histoire des Super-Héros. Et pour ceux qui, après avoir lu le livre, ne l’auraient pas compris, Supreme est la synthèse de tous les Super-Héros d’hier et aujourd’hui…

30 avril 2007

Horoligium

    Avant tout, qu’est ce qu’un horologium ? L’horologium était un énorme cadran solaire dont l’aiguille, un obélisque, fut ramenée d’Égypte. L’empereur romain Auguste le fit édifier vers 10 avant Jésus Christ à Rome, au nord du Champ de Mars.

    Horologium est à mes yeux le frère de papier de « Le Roi et l’Oiseau », film d’animation de Paul Grimault scénarisé par Jacques Prévert. On y retrouve la même prédilection pour des bâtiments s’élançant vers le ciel jusqu’à l’absurde, la même force de destruction aveugle. Et, tout comme dans Le Roi et l’Oiseau, un corps étranger vient faire office d’élément perturbateur dans la belle horlogerie -en vase clos- mise en place par le Pouvoir.

    Ici, l’élément perturbateur se prénomme Marulio. Arrivé malgré lui dans la cité, ce personnage est le seul à ne pas être soumis aux règles édictées par le Grand Rouage. Il va donner bien du fil à retordre aux Remonteurs, présents pour veiller à ce que les clefs implantées dans les crânes des habitants de la ville d’Horologium soient bien remontées. L’absence de clef sur Marulio va précipiter les évènements dans la cité, jusqu’au dénouement final.

    En cinq tomes, l’auteur nous fait découvrir un univers qui, bien que limité par les murailles de la cité, m’a agréablement surprit par sa richesse. La beauté du dessin des bâtiments et véhicules, l’inventivité dont fait preuve Fabrice Lebeault dans le développement de son histoire et ses personnages font d’Horologium une œuvre exceptionnelle.

15 avril 2007

De cape et de crocs

   Amateur de théâtre, réjouissez-vous car vous trouverez votre bonheur dans la BD avec une série animalière intitulée « De cape et de crocs ».

   L’intrigue, située au XVIIe siècle, nous conte les aventures de Don Lope de Villalobos y Sangrin, loup espagnol au caractère ombrageux et Armand Raynal de Maupertuis, renard gascon terriblement romantique. A la suite de divers incidents dont Masbou et Avroles ont le secret, nos héros se retrouvent accompagnés par le terrible Raïs el Kader, pirate mauresque, et Eusèbe, lapin fort mignon, pour une chasse au trésor.

    La série en question est bourrée de références théâtrales, présentes dans les dialogues et la mise en scène. Ainsi, vous verrez les personnages se prêter au jeu de l’aparté -destiné au lecteur-, ou nous rejouer –à leur manière- des scènes devenues classiques dans le théâtre. D’ailleurs, chaque album s’ouvre sur une vignette représentant une scène de théâtre entourée de rideaux rouges et le quatrième de couverture du premier album commence par « Acte I ».

    Si le dessin présente (parfois) quelques faiblesses, les auteurs maîtrisent leur sujet. La forte personnalité des personnages principaux et leur rivaux, la richesse des personnages secondaires ainsi que les multiples trouvailles graphiques et humoristiques font de cette série une vraie perle.
Et n’allez pas croire que De cape et de crocs sent la naphtaline ! Les gags sont légion et de tous les rebondissements offerts par le scénario, l’apothéose est atteinte dans le quatrième album où les héros et leurs bien piètres adversaires se voient obligés… de jouer une pièce de théâtre (si vous en avez la possibilité, procurez vous les coffrets, la lecture du quatrième de couverture réservant là-aussi quelques surprises).

8 avril 2007

300

   300 est l'évocation de la bataille du défilé des thermopyles. Et que ce soit le film ou la BD, j’ai ressenti la même émotion.


   La BD est un petit bijou de graphisme, avec de multiples clin-d'oeil à ses anciens ouvrages (La séquence de chute des ambassadeurs dans le puits en est un parfait exemple), le même souci de l’esthétique se fait sentir dans le film. J’ai été époustouflé par la qualité des séquences filmées, au point de retrouver des images de la BD…

   Si vous avez lu Salamboo de Flaubert, ou bien la version dessinée par Druillet, attendez vous à prendre la même grande claque. Les armées s’affrontent, avec la même particularité: ça se finit… mal. Hélas. Alors si vous avez aimé le film, achetez sans hésitation la BD, aussi belle et forte que le film -le format (façon paysage) de l'album y étant pour beaucoup-.

PS: un petit détail, qui fâche. Si la bande originale est en complet accord avec les images... la bande promotionnelle semble avoir été conçue pour faire évacuer la salle au plus vite! Même Fatal Bazooka du saltimbanque Mickaël Young fait mieux.

14 mars 2007

Tif et Tondu

    Les éditions Dupuis ont décidé de prolonger la liste des Héros bénéficiant d’une parution en intégrale avec MM. Tif et Tondu. Quand on voit le prix qu’atteignent certains albums (dans les 35€), la parution en intégrale est bénéfique.
    
    La parution se faisant par ordre thématique et non chronologique, c'est avec grand plaisir que j'ai retrouvé Monsieur Choc, éternel ennemi de Tif et Tondu. Chef d'un gang nommé "La main blanche", nul ne connaît son visage car il apparaît toujours vêtu d'un  casque médiéval...

    Tif et Tondu ont bercé mon enfance, en compagnie de Sammy et Gil Jourdan (déjà parus en intégrales). Alors, pour moi qui ai de gros problèmes de place, cette parution vient à point nommé. Cerise sur le gâteau, le 17ème et dernier tome promet de n’être composé que d’inédits (joie !).

7 mars 2007

Waldo’s Bar

   Les éditions AUDIE ont eu la très bonne idée de publier l’album Waldo’s Bar, recueil des histoires,parues le magazine Fluide Glacial... dans un nouveau format. Plus grand et beaucoup plus beau. Et plus cher aussi.

    Blutch puisant -une partie- de son inspiration dans les histoires de notre l'enfance (qu'est ce qui est vert, qui monte et qui descend?) et le Waldo's bar étant situé à ... Donaldville (!),  on peut s'attendre à être déçu. Sans hésitation, Blutch reprend cet univers féérique à son compte pour lui donner une atmosphère de roman noir. 
 
     Doté d'un coup de crayon particulier, Blutch sature la page et désoriente le lecteur par ses dessins fort éloignés des canons de la ligne claire. Premier album d'un dessinauteur prometteur, le Waldo's bar est un bijou à coté duquel il ne faut pas passer.